Rencontre avec Laurent Schlaeintzauer, Directeur général adjoint du cluster du Grand Saint-Quentin

Paroles de client
Rencontre avec Laurent Schlaeintzauer, Directeur général adjoint du cluster du Grand Saint-Quentin

Intégrée au pôle scientifique et technologique de Paris-Saclay (véritable Silicon Valley française), la Communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines (S.Q.Y) est un territoire d’innovation en plein développement. Son réseau SQYBUS, exploité par RATP Dev, est aujourd’hui le premier réseau de transport public d’Île-de-France après Paris. Un enjeu majeur sur un territoire qui accueille 7 600 entreprises et 110 000 emplois.

SQYBUS, filiale de RATP Dev, accompagne l’agglomération de S.Q.Y depuis 40 ans. quel regard portez-vous sur sa place au cœur de votre Communauté d’agglomération ?

Le réseau s’est vraiment développé au diapason de notre territoire. L’arrivée de chaque commune additionnelle a donné lieu à une nouvelle phase d’extension. À partir de 2000, SQYBUS a accompagné le regroupement et le développement des grandes entreprises sur la région. 

En janvier prochain, nous passerons de 7 à 12 communes et intégrerons 4 nouvelles gares. Dans le cadre du Grand Paris, ­SQYBUS devra aussi assurer la desserte d’un huitième nœud avec l’arrivée de la ligne 18 du métro. C’est un réseau en perpétuelle évolution, sur lequel nous avons besoin d’un opérateur compétent, à même de s’adapter en continu. Le transport est un facteur absolument déterminant de l’attractivité de notre territoire. 

Quels sont vos grands enjeux aujourd’hui ?

Nous entrons dans une phase de restructuration avec l’ambition d’optimiser au maximum la desserte au regard des besoins réels de chaque zone. Nous allons favoriser des lignes régulières et très cadencées sur les tronçons les plus fréquentés et une desserte plus ajustée sur les zones de faible demande. Cette hiérarchisation du réseau  va s’accompagner de l’intégration d’un nouveau bouquet de mobilités afin de compléter la desserte.

Quelle est votre ambition pour développer la mobilité sur ce territoire avec des enjeux aussi forts en termes d’attractivité ?

Il s’agit d’accompagner l’évolution des besoins des gens. À l’ère du numérique, on ne peut plus raisonner uniquement en termes de réseau. On change de paradigme. Le client est à l’épicentre et il attend une réponse de mobilité globale, porte-à-porte. C’est un prérequis si on veut lui faire abandonner sa voiture. Nous voulons capitaliser au mieux sur toutes les nouvelles formes de mobilité (covoiturage, autopartage, vélo, etc.), pour les coupler à notre réseau. Cela passe par le développement d’une plateforme regroupant tous les moyens de transport disponibles et qui soit accessible en gare comme sur smartphone. Nous voulons aussi équiper les arrêts de bus de codes-barres avec une information en temps réel sur le trafic mais aussi sur toutes les commodités à proximité de l’arrêt, avec l’idée d’optimiser le temps du voyageur.

Et à bord des bus ?

Il y a un gros enjeu de formation des chauffeurs. Être conducteur ne suffit plus. Les gens attendent de l’information. Nous sommes dans le tout, tout de suite. À l’ère du numérique, l’accueil et le rapport humain sont aussi des composantes primordiales. C’est tout l’enjeu aujourd’hui : comment faire du transport public un service personnalisé.

À l’aube de la COP21, quels sont les atouts du réseau en matière de développement durable ?

Notre parc est récent. Plus de la moitié de nos bus sont équipés d’un système de régulation de rejet de monoxyde de carbone (norme Euro et FAP). Une grande majorité des bus est dotée de filtres à particules. La régularité est aussi une composante importante de l’équation. Nous avons et continuons de développer des voies dédiées au bus. Le bilan carbone des transports de personnes sur l’agglomération montre que les  déplacements en voiture génèrent 96 % des émissions de gaz à effet de serre contre 4 % pour les émissions provenant des bus et des trains. Bien sûr, la prochaine grande étape sera le bus électrique.

18/11/2015
Aujourd’hui, tout l’enjeu est de faire du transport public un service personnalisé.