Quelles sont vos missions chez RATP Dev ?

Je suis responsable restructuration de l’offre de transport chez RATP Dev depuis 4 ans à la BU France-Suisse. 

La première étape, c’est d’analyser si l’offre répond aux besoins des habitants : est-ce que j’ai une ligne près de chez moi ? Est-ce que je peux aller au travail, à l’école, faire mes courses en transport ? Ensuite, la seconde étape vise à définir ou redéfinir les itinéraires des lignes puis le volume d’offre : le nombre de passages de bus, à quel intervalle, quelle amplitude, selon les périodes de fonctionnement, les week-ends et les vacances. 

À quel moment de la chaîne d’élaboration / exploitation de l’offre intervenez-vous ? 

J’interviens au début de la chaîne d’élaboration des offres de transport. Je m’occupe de dire où la ligne doit passer et de donner une préconisation de fréquence. Je travaille ensuite avec le Graphiqueur-Habilleur qui va mettre en musique cette information et nous dire combien cela implique de véhicules et de conducteurs. Nous travaillons en binôme pour arriver à l’offre la plus optimale possible. 

J’interviens également de deux manières : soit en appels d’offre « offensifs », pour gagner de nouveaux réseaux, et « défensifs », pour conserver les réseaux que l’on exploite aujourd’hui, soit en assistance technique des filiales.

Comment définit-on ou redéfinit-on une offre de transport et dans quel objectif ? Pouvez-vous en donner des exemples ? 

Notre objectif est de rendre le transport public attractif et compétitif pour les voyageurs actuels et pour en attirer de nouveaux. Pour cela, je travaille à partir de la vision du voyageur qui doit avoir envie de prendre le transport public ; mais aussi avec l’œil de l’exploitant, pour produire des offres performantes qui entrent dans le modèle économique des collectivités. Nous devons arriver à faire le mieux avec le moins de moyens possibles. La clé, c’est de trouver l’équilibre entre la meilleure offre de transport pour les voyageurs et les moyens des collectivités.

Répondre aux besoins de déplacement des habitants, c’est d’abord s’intéresser au territoire : savoir où les gens habitent et où ils vont. Il faut comprendre l’organisation des territoires et les déplacements quotidiens des populations : identifier les lieux d’habitat, les lieux d’activités les pôles d’activités, les emplois, les actifs et les scolaires, utilisateurs des transports publics ou non. Cela nécessite de regarder si l’offre de transport est pertinente au regard de ces besoins identifiés.

Je m’appuie à la fois sur des indicateurs sociodémographiques, sur des observations terrains, sur des projets de territoire, ainsi que sur différentes formes d’enquêtes de mobilité. Les plus utiles sont les enquêtes « origine destination » qui interrogent les voyageurs sur les réseaux (d’où ils viennent, où ils vont, si ce sont des scolaires, des actifs, etc.). Cela nous donne une mine d’informations très précises à un instant T. 
Ce que l’on utilise de plus en plus, ce sont les données de validations qui nous permettent de savoir où les gens montent, à quelle heure, sur quelle ligne, etc. On a ainsi davantage d’informations sur le long terme. D’où l’importance de valider à bord !
On sollicite aussi chaque établissement afin d’identifier les besoins des élèves et établir une carte scolaire. 

Au siège, j’accompagne les réseaux vis-à-vis de leurs collectivités. En fonction des demandes, on est amenés à faire des travaux de terrain et de concerter les communes pour répondre aux demandes locales.  

Nous avons eu récemment des restructurations d’offres de transport à Brest, Saint-Malo, Lorient. Actuellement, je travaille beaucoup avec Annemasse sur une nouvelle offre qui sera mise en place en décembre.