Le tramway a donné une nouvelle identité à Casablanca

Paroles de client
Le tramway a donné une nouvelle identité à Casablanca

Exploité par Ratp Dev*, le tramway de Casablanca vient de passer le seuil symbolique des 100 millions de voyageurs en mai dernier. Le regard de Youssef DRAISS, Directeur Général de CASA Transports, Autorité Organisatrice de la ville, sur un mode inédit devenu très populaire dans une capitale économique en pleine mutation.

Quel bilan faites-vous de ces 3 premières années d’exploitation avec Casa Tram ?

En 2012, les Casablancais ignoraient tout du tramway. Aujourd’hui ils sont 120 000 à l’emprunter quotidiennement et la fréquentation est en hausse (+ 15% en 2015). Inédit, ce nouveau mode a su rapidement trouver sa place auprès de la population. C’est une belle performance.

Comment expliquer ce succès ? 

Il correspond à un vrai besoin de mobilité dans une ville saturée par le trafic. La fidélisation des voyageurs s’explique aussi par la qualité de service délivrée par Casa Tram. Le tram est ponctuel, sûr, propre et l’information fiable. Il s’adapte aux rythmes de la ville, circule plus tard en été ou encore durant la Ramadan. Une enquête conduite en 2015 a fait apparaître un taux de satisfaction client de plus de 95%, on est bien au-delà des scores du réseau de bus.

Quel impact sur la ville ?

La construction du tramway a contribué à donner une nouvelle identité à Casablanca en entrainant dans son sillage la rénovation de la voirie, de l’éclairage, la création de places et de zones piétonnières, et ce, en centre-ville comme à la périphérie. C’est un facteur de dynamisme urbain et de cohésion sociale pour toute l’agglomération

Quels ont été vos grands défis ?

La sécurité. Le tramway est un mode inédit déployé en plein cœur de la ville. Il obéit a ses propres règles, est prioritaire sur toute la ligne tout en étant traversé par plus de 60 carrefours ! Nous avons beaucoup travaillé avec la ville, la police (le tramway a sa propre brigade dédiée) et Casa Tram sur la sensibilisation des habitants, les enjeux de signalisation, les règles de circulation. Les indices de sécurité n’ont cessé de progresser notamment avec une chute continue du nombre d’incidents.  

Casa Tram a internalisé l’activité maintenance en 2014, en êtes-vous satisfait ?

La maintenance est un enjeu clé. La disponibilité des rames commande la régularité et la ponctualité du tramway, elle a été de 100% en 2015. C’est aussi un enjeu capitalistique : d’importants  investissements ont été menés dans le parc et nous devons le maintenir dans le temps, au moins sur 30 ans.
 
Quels sont les enjeux de demain en termes d’aménagement et de mobilité sur la région ?

Le nombre de voitures est exponentiel à Casablanca, on en comptait environ 300 000 en 2001, il y en a 1 200 000 aujourd’hui en circulation, soit une augmentation de 400% sans que le nombre d’habitants ait vraiment évolué. Derrière cette envolée, il y a l'accroissement du niveau de vie, mais aussi un réseau de transport public qui reste très en deçà des besoins des 4 millions de personnes de l’agglomération.
Aujourd’hui les transports publics comptent pour 13% de la mobilité, nous voulons pratiquement doubler ce chiffre avec une part de 21% à l’horizon 2021.
 
Quelle est votre feuille de route ?

La région de Casablanca compte investir plus de 2,7 milliards d’euros * d’ici 2022 sur les infrastructures et les transports collectifs, dont plus de la moitié sur les tramways. Nous allons multiplier par trois la taille du réseau, il se compose d’une ligne de 31 km, l’ambition est de porter la couverture à 110 km dans les six prochaines années avec une seconde ligne qui rentrera en circulation dès 2018.
Nous devons aussi renouveler notre parc de bus trop vétuste et doubler sa taille pour passer de 800 à 1500 véhicules en circulation d’ici 2023. L’interopérabilité des réseaux sera également un élément majeur de ce nouveau maillage qui se veut plus performant et plus durable.

*via sa filiale Casa Tram
*30 milliards de dirhams

24/06/2016
« Nous voulons doubler la part du transport public à Casablanca d’ici 2021 »