Le métro d’Alger : cinq ans au compteur

Missions accomplies
Le métro d’Alger : cinq ans au compteur

« 99% des voyageurs se disent satisfaits »

Encore très récent en Algérie, le métro célèbrera cette année son premier quinquennat. A-t-il su tracer sa voie dans la plus grande métropole du Maghreb ? L’heure est au bilan avec Didier Lescloupe, Directeur Général de RATP El Djazaïr, filiale de RATP Dev.

 Comment se porte le métro d’Alger ? Quels sont vos résultats pour l’année 2015?

Le contrat avec notre client l’Entreprise du Métro d’Alger (EMA) impose des standards très élevés notamment sur la ponctualité avec un quota de 98,95 % la quatrième année. Nous avons battu notre record avec 99,98 % des trains arrivant à l’heure. Par ailleurs, 99% des clients se disent satisfaits de la prestation du métro selon une récente enquête conduite par l’Autorité des transport

RATP El Djazaïr assure également la maintenance des équipements dont le taux de disponibilité atteint 99%. Enfin, nous affichons un taux de satisfaction client de 99% quant à la propreté des stations et des trains.

Nous avons ouvert en 2015 une première extension de 4 km qui relie le centre de la ville au quartier populaire d’El Harrach. Nous avons par ailleurs enregistré une hausse de 33 % des voyageurs, soit un total de 21 millions l’année dernière et nous misons sur 25 millions cette année. Si le métro a pu susciter des appréhensions au début, il est parfaitement intégré aujourd’hui, nous sommes dans une phase de maturité. Le Ministère des transports vient d’ailleurs de créer une Autorité organisatrice qui va notamment repenser le réseau de bus et favoriser son interopérabilité avec le métro.

Pouvez-vous revenir sur la mise en œuvre de cette nouvelle extension, l’un de vos principaux chantiers de l’année 2015 ?

 Nous avons recruté 230 nouveaux collaborateurs en peu de temps, soit une augmentation de 40% des effectifs. Par ailleurs, la marche à blanc s’est déroulée en plein Ramadan et bien sûr, les travaux d’extension et le lancement ne devaient occasionner aucune perturbation sur la ligne. Nous avons fait appel au savoir-faire du Groupe RATP à Paris, Casablanca et Johannesburg. Parmi les solutions déployées, nous avons notamment mis en place une cellule travaux pour assurer l’interface entre le client et les constructeurs. 

Comment assurer rapidement la formation de 230 personnes dans un pays où le métro n’en est qu’à ses débuts ?

Il n’y a pas encore vraiment de culture métro. Nous nous sommes dotés de notre propre structure de formation interne. Outre l’équipe pédagogique permanente, nous avons misé sur la formation d’agents de maîtrise polyvalents à même de remplir des fonctions à la fois opérationnelles, d’ingénierie, mais aussi de formation. Un modèle qui a fait ses preuves à Paris et permet d’absorber les pics d’activités, notamment en période d’extension. Au total, nous avons pu dispenser 600 jours d’enseignement en interne aux nouveaux venus.

Vous venez d’obtenir la certification ISO 9001, une démarche plutôt innovante dans le paysage des transports algériens ?

C’était une exigence contractuelle mais elle ne concernait que les activités de maintenance et nous avons voulu l’étendre à l’exploitation. L’objectif était d’instaurer un cercle vertueux d’amélioration continue à la fois sur l’accueil et le service des voyageurs et sur la disponibilité du système de transport, autre enjeu clé.

Ce management par la qualité pourra-t-il vraiment se pérenniser ?

Oui, nous sommes vraiment dans le transfert de compétences. Toutes nos équipes sont algéroises et nous avons mis en place des référents qualité spécialement chargés de faire vivre cette politique d’amélioration continue. Nos premiers collaborateurs nous ont rejoint il y a huit ans, nous les avons formés, aujourd’hui ils sont autonomes et à même de faire tourner le métro.

Quel avenir pour le métro à Alger?

Les revenus de l’Algérie ont baissé, mais le métro reste la vitrine du pays. En outre, nous avons enregistré une augmentation de 30 % des recettes l’année passée.  Aucun projet n’a donc été gelé. La ville verra deux nouvelles extensions en 2017 vers le centre et à l’Est et une liaison vers le nouvel aéroport international d’Alger à l’horizon 2020.


LES CHIFFRES-CLES

  • 12 km de ligne, 14 stations
  • 630 collaborateurs

En 5 ans

  • 5 millions de km parcourus
  • 64 millions de voyageurs
  • 14% de croissance annuelle

En 2015

  • 21 millions de voyageurs
  • 99,98 % des trains à l’heure
  • 99% de clients satisfaits
  • 30% d’augmentation des recettes

 

 

 

 

04/04/2016
"Il n’y a pas encore vraiment de culture métro. Nous nous sommes dotés de notre propre structure de formation interne."