Comment circulera-t-on en ville demain?

Points de vue
Comment circulera-t-on en ville demain?

Véhicules connectés, autonomes, propres : de multiples technologies émergent et dessinent les contours d’une mobilité plus agile et durable de la ville. Que nous promettent les deux prochaines décennies ? Cahier de tendances avec Georges T. Roos, futurologue suisse spécialiste des scénarios disruptifs.

Demain verra le développement de moyens de transports connectés et automatisés. C’est vrai pour les métros et les tramways, comme les bus et les véhicules individuels. Les véhicules communiqueront entre eux et avec la route pour gérer les aléas du parcours. Le transport de marchandises sera aussi concerné avec des camions sans chauffeur qui relieront les villes et des petits utilitaires automatisés pour le dernier kilomètre.

L’ultra-flexibilité

La flexibilité va devenir le maître mot avec des véhicules qui viendront chercher leurs passagers à la demande, y compris pour certains transports collectifs. On devrait voir émerger des navettes autopilotées, sans arrêts prédéfinis, que l’on pourra commander à son gré depuis une application et qui relieront les zones isolées aux grands pôles de mobilité. Les frontières entre transports collectifs et privés vont ainsi devenir plus poreuses.
Cette flexibilité se retrouvera dans les modèles de circulation : les besoins de commuting* vont progressivement diminuer avec le développement du télétravail favorisant une gestion plus souple des horaires et corrélativement du trafic.


La fin de la voiture privée ?

Le covoiturage, l’auto-partage caractérisé par la mutualisation d’un parc de voitures entre un groupe va progressivement supplanter la voiture privée. Même si les marques demeurent, les constructeurs automobiles ne vont plus vendre de véhicules mais proposer des services de mobilité. A l’instar de ce qui s’est passé dans la musique, on va voir émerger de nouveaux business modèles notamment avec des formules d’abonnements donnant accès à des bouquets de services de mobilité.
D’autres acteurs vont également entrer dans le jeu comme Apple, Google et de nombreuses compagnies encore à naître qui vont redessiner le marché.

Cette approche par le service annonce la fin des questions de stationnement. Les citadins commanderont un véhicule qui viendra les prendre à un point A pour les emmener à un point B, avant de repartir pour une autre course. Il n’y aura plus à chercher de place de parking : les véhicules seront dans un pool en mouvement.

Enfin, la circulation par les airs, notamment les drones autopilotés dédiés au transport de personnes, va progressivement se développer. Flexible, cette solution de mobilité est particulièrement adaptée pour les transferts d’urgence : elle offre la même souplesse qu’un jet privé tout en étant accessible au grand public.

 À quand le boom des véhicules autonomes ?

Les experts s’accordent pour dire qu’ils devraient arriver sur nos routes plus vite qu’on ne le pense. Carlos Ghosn, PDG de Renault déclare que « la technologie sera prête dès 2018 et que le marché pourrait décoller d'ici 2020 ». Le secteur devrait atteindre sa pleine puissance d'ici 2035 selon Le cabinet AT Kearney, la règlementation, l’absence de standard, des infrastructures inadaptées constituant des freins significatifs.
La voiture autonome s’inscrira dans le prolongement du domicile et fera bénéficier d’une multitude de services et d’objets communicants. Selon une enquête du Transportation Research Institute de l’université du Michigan : entre 26 % et 40 % des passagers prévoient de lire, visionner des vidéos, jouer ou travailler.

*Commuting : trajets quotidiens

Georges T. Roos est un futurologue suisse, auteur de plusieurs études et fondateur d’un institut de prospective et de la conférence « European Futurists Conference » à Lucerne, de renommée internationale.

 

23/06/2016
Le covoiturage, l’auto-partage caractérisé par la mutualisation d’un parc de voitures entre un groupe va progressivement supplanter la voiture privée.